En avril 2007, l'association Racines publie dans son numéro 22 du Pays de Poix, un article signé Frédéric Brulin relatif à "Notre Viaduc" . Page 17, il est raconté la troisième blessure subie par cet ouvrage stratégique en ces termes :
1944 : Une troisième blessure touche notre viaduc le 14 janvier 1944, lors d'un des nombreux bombardements de la région en cette période. Le 446° Bomb Group de la 8° Air Force fort de ses 356 B27 et 175 B 24, revenait d'une mission de bombardement des bases V1, mission avortée en raison du ciel trop bas. Survolant la ligne Amiens-Rouen, les avions distinguent nettement notre viaduc. Franck Jordan, le bombardier de l'appareil de tête demande alors à son pilote d'en effectuer un survol, d'autant qu'un train de machandises s'apprête à s'y engager... La redoutable précision du larguage en plein ceintre d'une bombe de 500 livres aura raison de la voute n°8, sectionnant la voie.... .... une brêche de 14 mètres est ouverte interdisant désormais toute circulation de convois allemands vers la Normandie. Et notre convois de marchandises eut toutes les peines du monde pour s'immobiliser au bord du gouffre...
J'ai eu la chance d'acquérir tout récemment un document photographique de l'armée U.S au moment précis ou le viaduc était bombardé, cliché qui corrobore mot à mot les indications sus-mentionnées.
Il s'agit d'une photographie de 15 x 20 cm qui nous montre des détails très intéressants.
On y voit la bombe explosant sur le tablier du viaduc, mais également sur la gauche au niveau du pont de la route d'Abbeville, la volute de vapeur du train de marchandises dont il est question. L'image vient confirmer le récit en tous points.

Au dos du document, un feuillet collé indique : Photo officielle de l'U.S Army air force.
C992606 -vérifiez vos autorisations... photo nouvelles internationales - SLUG - Attaque sur viaduc.
Frappe directe sur la voie ferrée du viaduc de Poix, France... On peut voir les bombes larguées d'un B24 explosant sur la voie ferrée du viaduc de Poix, France. Après l'attaque de l'US Army Air Force, la reconnaissance qui a suivi n'a pas révélé le sort du train, bien qu'il soit clairement reconnu que le viaduc ait été frappé de plein fouet.
Un officier de l'U.S Army Air Force, racontant le déroulement de l'attaque dans un poême, l'a résumée avec ce couplet : Tu peux toujours faire de bons freins et beaucoup de locomotives, Mais un train ne peut prendre ??????? action.
Un cliché qui prend naturellement sa place en tête des photographies montrant la restauration du viaduc publiées dans un autre billet.





Une carte utilisée en 1912 met en scène deux aéroplanes. La vue est pourtant elle aussi prise du Frier.
Au dos, elle sont libellées : "" Poix, riant petit village à l'entrée du département de la Somme. Vous apercevrez de loin son viaduc.""
Il est amusant de voir au premier plan à gauche une zone cultivée. Il s'agissait de jardins potagers. Simon Desjardins qui tenait la station essence de la route d'Abbeville (actuel restaurant des Arbrisseaux) en cultivait une parcelle.
Cette carte utilisée en 1955 montre la reconstruction de Poix. Le tour de la place est tel que nous le connaissons aujourd'hui. En revanche la rue Saint Denis et la rue Porte Boiteux sont en chantier.
La rue Saint Martin et la route de Forges
Le chemin de Meigneux. Sur ce plan nous aurions aujourd'hui une zone pavillonnaire et le supermarché.

Vues du centre et de la place de la République .
La route d'Eplessier et la colonie de vacances (qui servit d' annexe du collège). Il y a fort à parier que de nombreux gamins qui séjournaient choisissaient cette carte pour écrire à leurs parents.
